Décollage réussi pour Boeing Boeing

Nous avons assisté à la Première de Boeing Boeing le 9 août dernier. Un vol de presque deux heures rythmées de secousses et de turbulences amoureuses plutôt cocasses.

Une intrigue de haut vol

Bernard aime les femmes. Plus précisément, il aime trois femmes auxquelles il est fiancé et qui vivent sous le même toit sans même le savoir. Pour ce faire, Bernard a un plan ingénieux et pour le moins efficace basé sur les fuseaux horaires. En effet, ses trois fiancées sont hôtesses de l’air de trois compagnies aériennes différentes. Aidé par son domestique Roger, tout est parfaitement organisé à la minute près, jusqu’à ce qu’une tempête de neige vienne chambouler les horaires et faire réunir tout ce beau monde au même endroit, au même moment. Par chance, Robert, l’ami d’enfance de Bernard, l’aidera à affronter les zones de turbulence en ne manquant pas de profiter un peu de la situation.

Une mise en scène bien pilotée 

Vincent Michaux St-Louis nous montre une fois encore son talent pour la mise en scène et la direction d’acteur. Cette pièce est un véritable jeu de portes qui claquent. Tout repose sur le timing, et c’est réussi. Les comédiens évoluent dans un décor sobre mais bien pensé et réalisé avec goût dans une chorégraphie d’entrées et de sorties parfaitement minutées. Malgré son expérience, ce pilote averti de la scène nous avoue qu’il n’a pas trouvé cela facile.

« Je ressens une fébrilité extrême. C’est ma 7e mise en scène, mais c’est aussi la plus dure. C’est une immense chorégraphie à apprendre et en amateur, c’est très difficile à faire. » — Vincent Michaux St-Louis

Heureusement, il s’est entouré de deux copilotes, Daniel Lachance, qui s’est finalement retrouvé à jouer, et Jean-François Lallier-Roussin, qui était tout aussi fébrile à quelques minutes du lever de rideau.

« Je bafouille, je veux aider, mais je sens qu’ils n’en ont pas besoin. Ils sont prêts. » — Jean-François Lallier-Roussin

Des comédiens qui semblent à l’aise

Le casting est réussi et les comédiens, parfaitement à l’aise, nous offrent des personnages éclectiques et colorés. Il y a Bernard (Jean-François Paradis), Don Juan à souhait, Robert (Benoît Lacombe), son ami d’enfance un tantinet naïf, et Roger (Daniel Lachance), le domestique grincheux dont les expressions faciales sont exquises. Les trois hôtesses de l’air, Janet (Sophie Gagnon-Styrczula), la succulente américaine, Jacqueline (Sarah-Michèle Dumoulin), la pétillante française, et Judith (Émilie Marcil), la sulfureuse allemande, quant à elles, apportent charme et piquant à cette comédie. Dans les coulisses, à 10 minutes de monter sur scène, nous leur avons demandé comment ils se sentaient.

« La comédie, c’est pas facile. J’ai joué dans plusieurs drames et c’est la comédie qui me donne le plus de difficulté. Le timing, c’est pas donné à tout le monde, il faut travailler fort. » — Daniel Lachance

« Je suis nerveuse. J’ai hâte de casser la glace et de voir la réaction du public. » —
Sophie Gagnon-Styrczula

« Je suis très fébrile et j’ai hâte que ce soit entamé. » — Émilie Marcil

« La comédie, c’est encore plus difficile que le drame. C’est comme un train haute vitesse qui ne ralentit pas pendant deux heures. » — Benoît Lacombe

« Je suis terrifié. Ça représente 350 répliques de plus que ce dont j’ai l’habitude… mais je suis toujours terrifié. » — Jean François Paradis

« C’est terrifiant. Monter sur scène, c’est tomber dans le vide. Voilà! » — Sarah-Michèle Dumoulin

Une pièce qui a des heures de vol

Saviez-vous que cette pièce est un charmant vaudeville qui a fait ses preuves? En effet, la comédie de Marc Camoletti créée en 1960 a plus de 25 000 représentations à son compteur. Elle détient même le record Guinness de la pièce de théâtre française la plus jouée dans le monde!

Ne ratez pas l’embarquement!

Le décor est magnifique, la mise en scène est efficace et les comédiens ont su parfaitement apprivoiser leurs personnages et s’amusent sur scène. On rit de bon coeur à chaque zone de turbulences et on est curieux jusqu’à la fin de voir comment va se passer l’atterrissage.  C’est assurément une pièce à voir, alors ne manquez pas votre vol. Il y en a un qui part à 20 h tous les vendredis et samedis jusqu’au 31 août au Café-théâtre de Chambly. Vous ne serez pas déçu du voyage! Du théâtre d’été comme on l’aime : drôle, léger et rythmé. 

Brynhilde Bord

 

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