Blade Runner 2049 : grandiose poème visuel

Je suis déjà un grand fan du film Blade Runner, réalisé en 1982 par Ridley Scott. Mais j’étais loin de me douter qu’un jour, quelqu’un oserait s’attaquer à la suite de ce classique de la science-fiction. J’avais un peu peur. Mais lorsque j’ai appris que Denis Villeneuve serait en charge du gouvernail, j’ai pris espoir. Qui d’autre que le réalisateur de L’arrivée serait en mesure de faire honneur à cette oeuvre?

 

Je n’étais donc pas surpris en découvrant les critiques qui, unanimement, criaient au chef-d’oeuvre. Je me suis donc précipité pour aller le voir aussitôt que j’en ai eu la chance.

Amoureux de l’esthétisme du Blade Runner de 1982, Denis Villeneuve aurait affirmé à un journaliste américain : « Si je fais ce film, c’est d’abord parce que je ne veux pas laisser quelqu’un d’autre le fucker. »
(La Presse+)

J’aime autant vous avertir immédiatement; vous devriez vous assurer d’avoir vu Blade Runner avant d’aller voir Blade Runner 2049. Cela ne vous empêchera pas d’aimer ce grand film, mais vous ne pourrez l’apprécier pleinement dans toute sa subtilité et sa complexité. Car il s’agit d’un film complexe.

Dans l’opus de 1982, l’essentiel du récit tourne autour de l’objectif de l’agent Deckard (Harrison Ford) d’éliminer des réplicants, des humanoïdes conçus pour ressembler à des humains, mais utilisés comme des esclaves pour des tâches soit trop difficiles ou qu’on ne veut tout simplement pas accomplir. Comme ces derniers sont interdits sur la Terre, ils sont pourchassés par les Blade Runners, des policiers chargés de détruire ceux qui s’y infiltreraient.

Mais dans Blade Runner 2049, bien qu’il soit effectivement question pour l’agent K (Ryan Gosling) d’éliminer des réplicants, l’histoire prend une tournure complètement différente du premier film, même si elle s’y rattache constamment dans un scénario d’une richesse et profondeur extraordinaire. Bravo à Hampton Fancher et Michael Green qui l’ont signé.

Il est extrêmement intéressant de voir les personnages évoluer dans ce monde malade et en décrépitude où la Terre tente de se relever péniblement d’une crise de l’écosystème qui a failli la détruire. Un monde hyper futuriste nostalgique du passé où les intelligences artificielles sont désespérément en quête d’authenticité, d’humanité. Les humains sont pratiquement inexistants, largement dominés par la technologie, les hologrammes et des robots qui sont eux-mêmes amenés à se questionner sur la condition humaine et la leur.

Gosling_Ford
Harrison Ford a réellement frappé Ryan Gosling par inadvertance pendant le tournage! – Sony
Les spectateurs devraient être avertis que le film est long. Non seulement dure-t-il 2h40, mais le réalisateur, artiste accompli et « poète », souhaitait vraiment transmettre l’énergie et les messages de cette oeuvre avec de longs plans posés, réfléchis et esthétiquement parfaits. Dans ce contexte, non seulement le film est long, mais il m’a également « semblé long ». Par chance! Car le tout est tellement bien fait et intéressant qu’on ne regrette pas une seule seconde.

« Je n’ai jamais vécu une pression artistique aussi énorme qu’avec Blade Runner. » – Denis Villeneuve (La Presse+)

Blade Runner 2049 est un film contemplatif, sensuel et complexe où les femmes tiennent un rôle de premier plan. Un film d’auteur rendant un grand hommage à l’original. Assoyez-vous. Relaxez et laissez-vous porter par ce grandiose poème visuel.

Photographie de couverture – © 2017 Warner Bros. Entertainment Inc.

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