L’orangeraie : « Si je bouge, tout va sauter »

L’orangeraie est, à la base, un roman au propos sombre : la guerre, les bombes, les sacrifices et des choix difficiles, tels que celui d’un père qui doit choisir lequel de ses fils va porter une ceinture explosive jusqu’à une base ennemie… L’auteur, que j’ai eu la chance d’entendre suite à la pièce, nous explique qu’il insistait toutefois pour finir sur une note d’espoir.

Synopsis (source : site Internet du Théâtre Denise-Pelletier)

Une famille vit dans une orangeraie, là où les roses trémières conversent avec la lune. Puis, un obus traverse le ciel et tue les grands-parents des jumeaux de neuf ans, Amed et Aziz. Alors que les frères auraient pu vivre à l’ombre des orangers, la guerre vole dès lors leur enfance et trace en rouge leurs crédules destins. Car Zahed, leur père, doit choisir entre ses deux fils pour clamer sa vengeance.

Quittant son village du Moyen-Orient, Amed, à moins que ce ne soit Aziz, devra traverser la montagne et consentir au plus grand des sacrifices. Des années plus tard, l’un des jumeaux aspire à devenir comédien en Amérique. Aidé de Mikaël, un jeune enseignant, il cherche le chemin de la résilience.

Écrite par Larry Tremblay (le roman ET l’adaptation pour le théâtre), l’histoire de deux jumeaux, Amed et Aziz, est triste, mais portée par une profonde poésie qui souligne des concepts puissants tels que l’amour, la manipulation, la culpabilité, la colère et le pardon. Par contre, au niveau théâtrale, la pièce a parfois peinée à m’accrocher. Ce n’est qu’après y avoir songé longuement et retourné tous les éléments dans ma tête que j’ai pu m’en faire une meilleure idée. Ironiquement, je crois que c’est la manière dont les textes ont été adaptés pour le théâtre qui ma dérangé.

Orangeraie_Trident
« Si je bouge, tout va sauter. »

Ce n’est pas faute de talent, car les acteurs étaient bons et crédibles, particulièrement les
deux jumeaux (Gabriel Cloutier-Tremblay et Sébastien Tessier), qui pouvaient aisément passer d’une franche camaraderie à une discussion teintée d’inquiétude. De plus, la pièce portait son lot de scènes effarantes et chargées émotivement. À ce niveau, il est toutefois dommage que le metteur en scène ait spécifiquement demandé aux acteurs de ne pas assouvir pleinement leurs émotions, ce qui selon moi dégage une impression de « retenue ».

J’ai particulièrement apprécié la sobriété du décor, l’utilisation de l’espace par les acteurs et la lumière. De plus, certaines images symboliques étaient très fortes (mais j’en aurais pris davantage). La pièce est présentée au Théâtre Denise-Pelletier jusqu’au 21 avril, puis l’équipe se transportera à Québec.

De mon côté, je vais m’empresser de lire le livre, ce qui va peut-être m’apporter une nouvelle compréhension de la pièce. Elle vaut largement le détour, car elle relate et questionne de belle manière une réalité malheureuse et parfois incompréhensible, celle de la terreur. Ce sont ces sentiments qui nous habitent en sortant du théâtre…

 

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